CONSEILS NOURRISSAGE

L’hiver est la saison la plus meurtrière pour les oiseaux qui résistent moins bien au froid en raison du manque de nourriture ou d’eau. Nous pouvons les aider à faire face à cette période difficile en leur offrant nourriture et eau.

Les règles d’or du nourrissage des oiseaux

Et…quel bonheur d’observer les oiseaux à la mangeoire !

Nous sommes de plus en plus nombreux à offrir le couvert aux oiseaux durant la saison hivernale. Attention tout de même à avoir en tête quelques éléments importants.

Pour satisfaire le plus grand nombre d’espèces à la mangeoire, pensez à installer différents postes de nourrissage (mangeoire au sol, suspendue…). Il sera aussi préférable de varier la nourriture mise à disposition : graines de tournesol, et mélange de graines. Vous pouvez aussi mettre à disposition des cacahuètes, amandes, noix, noisettes, maïs concassé, millet, avoine (le tout non grillé et non salé) et les fruits mûrs (pomme, poire, raisin…).

Mais attention à
« gros minet » ! et donc à l’emplacement de la mangeoire …

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©Illustration Cécile Rousse

Nourrissage des oiseaux, quand et pourquoi arrêter ?

Le nourrissage des oiseaux est pratiqué l’hiver par des millions de personnes dans leur jardin ou sur leur balcon, et il est bien souvent vital pour de nombreuses espèces durant cette période de pénurie alimentaire. Un nourrissage permanent peut cependant avoir des conséquences néfastes et mettre en danger certaines populations d’oiseaux.

Mésange bleue (Cyanistes caeruleus) – Crédit photo : Ophélie Ricci / MNHN
Mésange bleue (Cyanistes caeruleus) – Crédit photo : Ophélie Ricci / MNHN

Ainsi, la LPO conseille aux Français de nourrir les oiseaux uniquement en période de froid prolongé, soit en général de la mi-novembre à fin mars. Dès que le printemps s’installe, les oiseaux commencent à établir leur territoire et débutent la construction de leur nid ou recherchent la cavité où ils pondront leurs œufs. S’il est alors tentant de les attirer aux mangeoires pour mieux les observer, la mise à disposition de nourriture n’est plus nécessaire, la nature fournissant suffisamment d’aliments « de saison » à l’avifaune, y compris dans les villes. Continuer de nourrir les oiseaux peut même devenir contre-productif et leur nuire. 

Si vous n’avez pas encore commencé le processus de sevrage, il est désormais temps de réduire petit à petit les quantités, afin de stopper tout nourrissage au bout de 7 à 10 jours. Cet arrêt est important car les lipides des graines ou des boules de graisse ne sont pas adaptées aux futurs poussins qui doivent être nourris exclusivement de protéines, et de nombreuses espèces deviennent alors insectivores. D’autre part, la dépendance à un lieu précis de nourrissage doit cesser pour inciter les oiseaux à chercher par eux-mêmes la nourriture la plus adéquate à leur biologie. En revanche, l’apport d’eau est utile tout au long de l’année, du fait de la raréfaction des ornières et fossés, et du déficit hydrique.

Risques de transmission de maladies

En période chaude où la prédominance des maladies est plus forte qu’en hiver, le rassemblement d’individus de différentes espèces autour des points de nourrissage peut favoriser la propagation de plusieurs infections telles que la trichomonose, qui affecte notamment les verdiers et les pinsons. Même en hiver, pensez à nettoyer régulièrement les mangeoires et les abreuvoirs pour en améliorer l’hygiène, en favorisant les désinfectants naturels (huile d’arbre à thé, vinaigre…) !.

Un effet sur les taux de prédation

La concentration engendrée par le nourrissage peut faire augmenter les taux de prédation par des animaux sauvages (épervier d’Europe) ou domestiques (chats). Dans tous les cas, il est toujours bon d’appliquer quelques règles de précaution comme disposer les mangeoires dans des endroits dégagés, avec un accès facile à des perchoirs en hauteur, pour éviter la prédation par les chats.

Perturbations physiologiques

Plusieurs études ont démontré que des couples ayant accès à plus de nourriture pondaient plus tôt. La demande énergétique des poussins est ainsi décalée par rapport au pic de disponibilité alimentaire, ce qui peut entraîner une surmortalité juvénile. De plus, beaucoup de jeunes oiseaux deviennent insectivores au cours du printemps et un nourrissage prolongé peut perturber leurs habitudes alimentaires alors qu’ils doivent justement apprendre à se nourrir par eux-mêmes en capturant des insectes.

Altération de la composition de la communauté aviaire

Toutes les espèces ne bénéficient pas équitablement du nourrissage, que ce soit en hiver ou en période de reproduction. Si la mise à disposition de suppléments alimentaires est susceptible d’augmenter les densités de quelques espèces, il est aussi possible qu’elle réduise en parallèle, à travers un processus de compétition, les densités d’autres espèces.

Réglementation spécifique au nourrissage

Attention quand même à vérifier qu’aucun règlement sanitaire municipal n’interdit le nourrissage. A priori, dans un lieu privé, cela ne pose pas de problèmes, mais certains voisins grincheux pourraient se plaindre d’une recrudescence de rats attirés par une nourriture variée et abondante. Attention aussi aux parcs et jardins publics, ou dans les copropriétés.

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